Nucléaire défaillant, Bois infaillible

Pour pallier l’indisponibilité d’une partie du parc nucléaire, il faut compter sur le bois pour se garder au chaud cet hiver.

Pour ne pas grelotter cet hiver, la France va devoir faire feu de tout bois, au sens propre. Le Réseau de transport d’électricité (RTE), la filiale d’EDF qui gère les lignes à haute tension, a annoncé qu’il se préparait à une saison hivernale tendue. Cela, en raison de l’indisponibilité de près d’un tiers des cinquante-huit réacteurs du parc nucléaire hexagonal, actuellement à l’arrêt du fait de diverses défaillances ou de contrôles imposés par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). « La sécurité d’approvisionnement électrique de l’hiver 2016-2017 s’annonce plus délicate à assurer que lors des hivers précédents », a-t-il prévenu, en envisageant des « mesures exceptionnelles » telles que des délestages.

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Le bois : une énergie compétitive au prix stable

ico-6Le bois est une énergie bon marché avec un coût stable au fil des ans. En plus d’être la première source d’énergie renouvelable utilisée en France, la ressource est présente localement et en quantité. Rappelons que le taux de prélèvement de bois représente environ la moitié de l’accroissement naturel annuel de la forêt française.
Comparatif du prix d’achat des différentes énergies et évolution depuis 2005
tableau-energie-prix
Prix au 1er janvier de l’année. Données exprimées en centimes d’euro par kWh PCI (Source : base de données Pégase du Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer)
La hausse de la TVA de 7% à 10% pour la vente de bois de chauffage, appliqué au 1er janvier 2014, s’est répercutée directement sur le prix d’achat de ces bioénergies.
Néanmoins et malgré cette hausse de TVA, le coût du bois énergie reste sur le long terme l’énergie la plus compétitive :

 Bois bûcheGranulé Fioul Gaz naturelPropaneÉlectricité
Cts € / kWh3,506,076,777,5612,7915,78
(Source : base de données Pégase du Ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer) – Janvier 2015

Ces prix ne tiennent pas compte des prix d’investissements liés au matériel, ni des coûts d’entretien des équipements.
Comment expliquer la stabilité de son coût par rapport aux autres énergies ? Le prix du bois va-t-il augmenter dans les années à venir ?

ico-7En plus d’être une ressource locale, le prix de l’énergie bois n’est pas soumis à la fluctuation des prix des énergies fossiles. Il dépend principalement de la main d’œuvre et du transport.

A horizon 2020, la France a pour objectif que 9 millions de foyers soient équipés d’un appareil de chauffage au bois (contre 7,4 million en 2013). Malgré la hausse des équipements installés, la demande globale de bois n’augmentera pas du fait d’une augmentation des performances énergétiques des appareils de chauffage au bois et d’une réduction des besoins avec des logements de mieux en mieux isolés.

Le bois énergie : une réponse à la COP21

Les émissions des gaz à effet de serre couverts par le protocole de Kyoto ont augmenté de 80% depuis 1970, et de 30% depuis 1990. Ces émissions sont responsables du réchauffement de la planète et des conséquences qui en déclinent (fonte des glaciers, hausse du niveau des mers, sécheresses, pluies diluviennes…). Au rythme actuel des émissions mondiales [+2,2%/an sur 2000-2010], la hausse des températures moyennes mondiales devrait être comprise entre 3,7 et 4,8°C d’ici à 2100.

Pour parer à cette progression et définir des solutions concrètes, la COP21 est organisée cette année en France, en partenariat avec les nations unies et les autorités internationales.

Qu’est-ce que la COP21 ?
La COP21 est la 21e Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Cet évènement aura lieu du 30 novembre au 11 décembre 2015 sur le site Paris-le Bourget et rassemblera 62 ministres venus du monde entier et 40 000 participants.

Quel est l’objectif de la COP21 ?
Cette conférence a pour objectif d’aboutir à un nouvel accord international sur le climat pour d’une part, contenir l’élévation de la température moyenne de la planète en-dessous de 2°C d’ici 2100 et
d’autre part, adapter les modes de vies de nos sociétés actuelles aux dérèglements climatiques existants.
Ce nouvel accord prendra effet à partir de 2020, pour créer une véritable transition vers une économie et une politique mondiale écoresponsables.

Qui est concerné par cette conférence ?
Les enjeux présentés par les changements climatiques nous concernent tous. En effet, le cinquième et dernier rapport du Giec souligne l’importance des activités humaines dans le dérèglement climatique et tout particulièrement celles des pays industrialisés. Nous pouvons tous agir pour réduire notre empreinte environnement et adopter un comportement éco-responsable

En quoi le bois énergie est une réponse à la COP 21 ?
La combustion de bois et la biomasse sont des modes d’utilisation d’énergie renouvelable préconisés dans le combat contre le changement climatique, puisqu’elles contribuent à la diminution des émissions de CO2 en étant produites près de chez nous, et en évitant de recourir aux énergies fossiles.
Mais attention, ces combustions s’accompagnent toujours de rejets de polluants de l’air (particules fines, HAP, NOx, COV, …) plus ou moins importants selon l’antériorité des équipements de chauffage au bois, ou l’origine de la biomasse.
Aussi, une volonté politique forte de renforcer le renouvellement du parc au niveau des installations individuelles, en l’accompagnant bien entendu de mesures incitatives, permettra de réduire les émissions polluantes.

Les poêles à bois du XXIe siècle

Toujours plus propres, toujours plus performants : les poêles à bois conçus aujourd’hui par les industriels doivent répondre aux nouveaux enjeux énergétiques, écologiques et économiques. Exemple à Obernai, où l’entreprise Supra SA – RICHARD LE DROFF mise sur l’innovation pour maintenir son 2e rang sur le marché français, de plus en plus concurrentiel.

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Une des vingt chaînes de montage de Supra à Obernai : un travail manuel, tout comme le ponçage ou la peinture à la poudre, alors qu’un laser découpe la tôle et qu’un robot effectue les soudures étanches.

« En quinze ans, le rendement des poêles à bois a doublé et les émissions de particules ont été divisées de moitié » , assure Nicolas Blenny, directeur marketing deSupra SA – RICHARD LE DROFF à Obernai.

Des vingt lignes de montage de cette entreprise métallurgique de 225 salariés sortent des poêles à bûches, des poêles à granulés, des inserts et des foyers de cheminée. Des appareils vendus sous la marque Supra chez les grossistes, détaillants et en grande distribution, des poêles et cheminées haut de gamme commercialisés sous la marque Richard le Droff.

Progrès nécessaires
« En 1974, Supra a inventé le foyer fermé » , souligne Nicolas Blenny. Une première étape dans l’amélioration des performances du chauffage au bois. Les ingénieurs de la plateforme d’essais de l’usine ont pour mission de concevoir les poêles de demain, qui consomment moins de bois et émettent moins de particules et de CO2 dans l’air. Chaque jour, ils font tourner leurs différents modèles branchés à des appareils de mesure. Ils testent des dispositifs de régulation de la combustion par variation de l’apport d’air dans la chambre de combustion, en lien avec des laboratoires allemands et autrichiens.

Ils cherchent à innover pour mettre sur le marché des poêles de faible puissance adaptés au chauffage des logements BBC et passifs : « Nous cherchons à améliorer la répartition de la chaleur dans tout le logement à partir d’un seul poêle » , précise Nicolas Blenny.

Programmation et automatisation
Spécialiste depuis plus de cent ans du poêle à bûches, cette entreprise créée en 1878 par un quincaillier local qui fabriquait des cuisinières à bois et des fours à pain, Supra axe ses efforts depuis 2011 sur le poêle à granulés : « Il est plus facile à utiliser que le poêle à bûches, il est autonome 48 heures, programmable, à alimentation automatisée… Encastré, il est peu encombrant. Et il ne fait pas de bruit. »

Familiale jusqu’en 2007, cette entreprise a été rachetée par EDF ENR (Électricité de France Énergies Nouvelles Réparties) qui a cédé ses parts en 2011 au fonds Perceva Capital. En forte croissance jusqu’en 2008, Supra a vu son chiffre d’affaires chuter en 2011 et 2012, en raison de la crise, de la baisse du crédit d’impôt et de son arrivée tardive sur le marché du poêle à granulés. Depuis deux ans, son chiffre d’affaires se stabilise à 40 millions d’euros.

Neuf millions en 2020
La loi sur la transition énergétique prévoit un développement des énergies renouvelables, et en particulier de la chaleur produite par le bois. 7,5 millions de foyers français se chauffent aujourd’hui au bois. Ils devraient être 9 millions en 2020. Supra mise sur cette évolution et sur le remplacement des poêles et inserts anciens par des appareils labellisés Flamme verte, 5, 6 ou 7 étoiles.

Annonce : le crédit d’impôt prolongé en 2016 !

Le Premier ministre, Manuel Valls, a annoncé la prolongation du crédit d’impôt transition énergétique d’un an, jusqu’au 31 décembre 2016. Détails…
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Bonne nouvelle : le crédit d’impôt transition énergétique (CITE) devrait être prolongé d’un an jusqu’au 31 décembre 2016 d’après une récente communication du Premier ministre, Manuel Valls.

Cette annonce faîte le mercredi 8 mars 2015 intervient dans le cadre d’une série de mesures destinées à relancer l’investissement pour relancer la croissance.

Pour rappel, l’ancien crédit d’impôt développement durable (CIDD) avait fait place en 2014 à une nouvelle formule simplifiée et bonifiée : le crédit d’impôt transition énergétique (CITE). La prolongation de cette aide est donc une nouvelle annonce positive pour les énergies renouvelables afin d’inciter les particuliers à s’équiper.

Les modalités actuelles du crédit d’impôt :

Accessible aux propriétaires occupants et locataires d’un logement achevé depuis plus de deux ans
Taux unique de 30% dès la première opération et sans conditions de revenus
Excédent remboursé si le montant est supérieur à l’impôt dû
Équipements soumis à des critères de performance
Obligation de faire appel à une entreprise RGE

Bon à savoir : pour 2016, les conditions seront déterminées par la prochaine loi de finances. Des évolutions sont donc possibles…

En savoir plus sur les aides publiques

Transition énergétique 2014

Le 18 juin 2014, Ségolène ROYAL, Ministre de l’Ecologie, a présenté en Conseil des Ministres le projet de loi en faveur de la transition énergétique.

La rénovation énergétique tient une place de choix dans ces propositions afin de favoriser la baisse de la facture énergétique des français grâce à une évolution des aides financières, comme :

A partir du 1er septembre 2014 et jusqu’au 31 décembre 2015, le taux de crédit d’impôt développement durable (CIDD) sera uniformément de 30% et une seule opération de travaux sera exigée sans pris en compte du revenu fiscal de référence, sans notion de bouquet de travaux, sans double taux de 15% ou de 25%.

Pour les ménages modestes, un chèque énergie complétera l’aide financière de l’ANAH Habitez Mieux.

D’autres propositions sont au programme : installation de bornes de recharge électrique dans les parking, comptages des consommations, financement pour les collectivités locales, fonds de garantie, tiers-financement, règles urbanisme, diagnostic énergétique lors de travaux significatifs …

Nous attendons que la loi soit votée afin de toutes ces propositions deviennent officielle !


 

Loi de transition énergétique : elle sera présentée au Conseil des ministres du 30 juillet

Le projet de loi sur la transition énergétique sera présenté au Conseil des ministres du mercredi 30 juillet prochain. Il sera ensuite débattu à l’Assemblée nationale à l’automne. Une commission spécialement constituée préparera les débats.

Attendu depuis 2013, le projet de loi sur la transition énergétique plusieurs fois repoussé sera finalement présenté en Conseil des ministres le 30 juillet 2014 par Ségolène Royal. Divulgué le 18 juin dernier, ce texte de programmation doit mettre la France sur les rails de la croissance verte et permettre de définir un nouveau modèle écologique. Cinq objectifs clairs y sont mentionnés, dont la réduction à 50 % de la part du nucléaire dans le mix énergétique national, de la réduction des émissions de gaz à effet de serre de -40 % d’ici à 2030 et de diminution des consommations d’énergies fossiles (-30 % d’ici à 2030).Une commission spéciale pour préparer les débatsLe texte sera débattu à l’Assemblée nationale à partir du 1er octobre prochain. Afin de faciliter les débats, une commission spéciale sera constituée sous la houlette de François Brottes, déjà à la tête de la commission des affaires économiques. Il se verra adjoindre cinq rapporteurs, trois provenant de la commission du développement durable (dont l’écologiste Denis Baupin précise l’AFP), et deux de celle des affaires économiques, afin d’équilibrer le poids des ambitions écologiques et celui des contraintes budgétaires.”Il s’agit d’une loi d’action et de mobilisation, qui s’accompagne de la mise en mouvement des territoires. Nous souhaitons généraliser les bonnes pratiques et nous appuyer sur l’intelligence collective et le bon sens citoyen“, précisait la ministre de l’Environnement, le 18 juin dernier. Le texte comprenait, dans sa première version, une quinzaine d’actions en faveur du bâtiment et de la rénovation thermique des logements. Il comportait également des mesures visant à développer les EnR, le recyclage et la valorisation des déchets, ainsi que les transports durables.